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Economie Circulaire du Plastique en Tunisie : Bonnes Pratiques et Réseautage

Dans le cadre du Programme SwitchMed, financé par l’Union Européenne, L’ONUDI a organisé , un événement au profit des professionnels du secteur du plastique en Tunisie. L'événement s’est déroulé les 18-19 Décembre 2018 à l'hôtel Novotel Tunis, et a servi de cadre d'échange entre organismes tunisiens et étrangers autour du thème de l'économie circulaire du plastique.
Publié le 24/12/2018

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L'événement a ouvert sur les interventions des organismes partenaires, a savoir l’ONUDI, l’Union Europeenne en Tunisie, l’ANGED, la CONECT, et le Ministère de l’Industrie et des PME. Les représentants ont cité un état des lieux du secteur du plastique, et affirmé la volonté de leurs organisations à soutenir la transition à l'économie circulaire en Tunisie.

“Il est indispensable de se défaire du modèle économique linéaire dans le domaine du plastique. Le Gouvernement Tunisien agit donc sur 3 axes, à savoir l’instauration d’un cadre légal, la valorisation de l'éco-innovation et des investissements verts, ainsi que la promotion des collaborations entre la recherche et l’industrie- Riadh Ben Rejeb, Directeur de la Sécurité Industrielle au sein du Ministère de l’Industrie et des PME.

 

Un panel a suivi, portant sur le recyclage du plastique en Tunisie : du défi environnemental à la création de valeur ajoutée. Les 5 panélistes, représentant le PACKTEC, l’ANged, le Centre Technique de la Chimie, Plastics Recyclers Europe, et European Plastics Recycling and Recovery Organization, ont chacun evoqué la question du plastique de leur perspective. Responsabilité élargie du Producteur, gisements d’exploitation, et compétences actuelles des organismes tunisiens ont été au coeur des interventions.

Au terme de ces interventions, six entreprises étrangères ont présenté leurs solutions innovantes dans le domaine du plastique:

  • AIMPLAS : une technique de recyclage du plastique qui atteint des niveaux de décontamination plus élevés, et une meilleur qualité de plastiques recyclés en fin de process.
  • Irritec : une initiative, Green Fields, qui débarrasse les agriculteurs des déchets plastiques, qui sont transformés en tuyaux d’irrigation.
  • Braiform : un système de récupération, de réutilisation et de recyclage de centres a grande echelle.
  • Multiport : des conduits de câbles en plastique, produits à partir de plastique recyclé.
  • Stormboard : des plaques de contreplaqué, composées de plastique recyclé, résistantes aux intempéries et entièrement recyclables.
  • Revynil Floor : un système de récupération, recyclage, et réutilisation du vinyle post-utilisation.

 

Rencontres B2B

Devenues une tradition chez ONUDI et SwitchMed, les rencontres Business-to-Business ont offert aux professionnels tunisiens du secteur du plastique une opportunité d'échange et de collaboration avec leurs homologues européens. Quelques 60 rencontres entre 25 entreprises tunisiennes et 6 entreprises européennes ont eu lieu, au terme desquelles de fructueux arrangements ont été discutés.

 

L'intérêt de collaboration a particulièrement porté sur de futurs achats d’installations de recyclage pour les usines tunisiennes, ainsi qu’une possibilité de transfert technologique éco-innovateur.

Toutes les parties impliquées étaient intéressées par des solutions de plastique trié, adaptées au marché tunisien.

“Il faut instaurer un système de transfert de technologies avec les industriels à l’international, et encourager les échanges d’expertise” - Amel Bouajina, Ingénieur au sein de PACKTEC

 

Table Ronde

La matinée du deuxième jour s’est déroulée une table ronde sur le thème “Opportunités de Collecte et de Recyclage du plastique en Tunisie”. Elle a réuni 33 invités représentant 22 organismes gouvernementaux, entreprises, et organisations de la société civile de Tunisie et d’Europe. La question cruciale s’est posée sur le manque de données disponibles, concernant la collecte du plastique en Tunisie.

A l’origine, le système informel de la collecte du plastique en Tunisie, effectué par quelques 15 mille “Barbechas” (chiffoniers). L'inefficacité de ce système repose sur la précarité de leurs conditions: pas de revenu fixe ni de couverture sociale, surexploitation, et stigmatisation sociale. La situation est paradoxale, entre la nécessité du travail de Barbecha dans la chaîne du plastique, et leur effacement de la vie sociale. D’ou l'émergence d’initiatives telles que celle d’International Alert, qui ont mis en place une unité de collecte et tri du plastique menée par les Barbechas du quartier défavorisé Hay Ettadhamon, ainsi qu’une association qui les regroupe et qui leur confère une voix dans la communauté.

 

Ce type de solutions est applaudi par l’ANged, organisme national de gestion des déchets en Tunisie, qui reconnaît l’importance de la formalisation du secteur de collecte, afin de pouvoir établir une stratégie nationale du plastique. Cette stratégie comprendra un recensement de la situation actuelle, ainsi que l’identification de gisements potentiels à exploiter dans le secteur.

A cet effet, Roberta de Palma, Conseillère Technique Principale sur le programme SwitchMed auprès de l’ONUDI, afirme:

“Le secteur du plastique, majoritairement exportateur en Tunisie, peut etre developpé au niveau local sur les filières transformation et emballages : pourquoi ne pas engager les producteurs de bouteilles PET à utiliser 100% de matière première recyclée provenant des bouteilles récupérées ?”

 

Conclusion

Les échanges entre acteurs nationaux et internationaux ont engendré des transferts de connaissance, et possiblement de technologies dans le futur. Les defaillances du systeme de collecte et recyclage du plastique en Tunisie ont été identifiés, à savoir l’absence de données officielles sur la collecte et la nécessité de collaboration entre les différents acteurs. Des solutions ont été proposées pour les redresser, à savoir multiplier les initiatives d'intégration des Barbechas dans le cursus formel, encourager les collaborations entre municipalités en vue de mettre en place des centres de tri de déchets, et promouvoir des fonds pour la recherche et le développement au profit des industriels.

 La prochaine étape devrait comprendre un atelier regroupant tous les acteurs nationaux du plastique, à savoir les industriels, les municipalités, les agences gouvernementales, les organisations de la société civile, les laboratoires de recherche, etc.

“Tous les acteurs doivent se concerter pour mettre en place une feuille de route, afin d’amorcer une stratégie nationale du plastique” - Rachid Nafti, Team Leader MED TEST II Tunisie